Vendredi 11 septembre : Kneecap, Josman, Maureen et une nuit électro jusqu'à 4 h 30
Le vendredi ouvre à 12 heures et ferme à 0 h 30 pour l'accès au site, mais la scène Joséphine Baker, dédiée aux musiques électroniques, poursuit jusqu'au petit matin. Sur la scène Angela Davis, la grande scène, la soirée est construite comme une montée : Ebony à 17 h 40, Maureen à 19 heures, Josman de 20 h 30 à 21 h 30, puis Kneecap de 22 heures à 23 h 20. Le trio de Belfast est la programmation la plus commentée de l'édition. Mo Chara, Móglaí Bap et DJ Próvaí rappent en anglais et en irlandais, ont sorti leur film biographique en 2024, et leur album Fenian, paru en mai 2026, s'est classé numéro un en Irlande et numéro deux au Royaume-Uni. Le groupe a passé une partie de l'année 2025 devant les tribunaux britanniques après qu'un de ses membres a brandi un drapeau du Hezbollah lors d'un concert londonien ; les poursuites pour infraction terroriste ont été abandonnées, et la décision confirmée en mars 2026. Sur scène, Kneecap reste ce qu'il est depuis 2017 : un groupe de rap frontal, bilingue, qui fait de la langue irlandaise un instrument de revendication. La Fête de l'Humanité est, d'après leur calendrier officiel, leur seule date française avant le Zénith de Paris, le 20 novembre, dans le cadre de leur tournée européenne.
Samedi 12 septembre : UB40, The Avener, Suzane, Étienne de Crécy et vingt artistes
Le samedi est traditionnellement la journée la plus fréquentée, et la plus dense : portes à 9 heures, fermeture à 0 h 30, une vingtaine de concerts. La scène Angela Davis démarre tôt avec Oxmo Puccino de 14 h 20 à 15 h 20, puis Yuri Buenaventura de 15 h 50 à 17 heures, le chanteur colombien qui a fait de Paris sa seconde patrie salsa depuis les années 1990. UB40, le groupe de Birmingham qui a popularisé le reggae en Europe avec « Red Red Wine » et « Kingston Town », joue de 18 h 30 à 19 h 50. Suzane suit de 20 h 20 à 21 h 30, avant The Avener, de 22 heures à 23 h 20, pour la clôture de la grande scène. La scène Joséphine Baker propose la journée la plus longue de l'édition : Gauvain Sers à 15 h 10, Théa à 16 h 50, Houdi à 18 h 20, Girls in Hawaii à 19 h 50, Naza à 21 h 20, puis Perceval de 22 h 50 à 0 h 20, Belaria jusqu'à 2 heures, Vel jusqu'à 3 h 30 et Chippy Nonstop jusqu'à 4 h 30. Sur la scène Zebrock – Nina Simone, Edemzi ouvre à 14 h 40, suivi de La Malle, Kutu, Aïta Mon Amour, Arøne à 20 h 20 et d'Étienne de Crécy de 21 h 50 à 23 heures — le pionnier de la French Touch sur la scène des découvertes, un clin d'œil que la Fête cultive volontiers. La scène Inter tient une programmation rock du milieu d'après-midi à une heure du matin, de Dadou & Yechou (14 heures) à Balkan Republic of Sound (23 h 15), en passant par Docteur Destroy, Ella Gunn, Shove It, Down to the Wire et Kill the Princess. Sous le chapiteau des Ami·e·s de l'Humanité, une lecture consacrée à Jacques Prévert, « en rouge et noir », ouvre à 13 heures — Prévert, dont le chœur parlé Vive la presse avait été créé à la Fête de 1932 —, avant un concert de jazz du contrebassiste Stéphane Kerecki à 21 heures.Dimanche 13 septembre : Soprano et Louane sur la grande scène, Kery James et Superbus à côté
La journée de clôture est aussi la plus courte : ouverture à 9 heures, fermeture à 17 h 30 pour les entrées, avec des concerts qui se poursuivent jusqu'à 20 h 30 environ. La scène Angela Davis enchaîne Les Wampas de 14 heures à 15 heures, Oumou Sangaré de 15 h 30 à 16 h 30, Louane de 17 heures à 18 heures, et Soprano de 18 h 40 à 20 h 10 pour le dernier grand concert de l'édition.
Pass trois jours à 70 euros : pourquoi la Fête reste le festival le moins cher de France
Le pass trois jours se vend par paliers, à la manière des festivals qui récompensent les premiers acheteurs : 55 euros pour le premier, 60, 65, puis 70 euros pour le dernier palier, celui en vigueur à une semaine de l'ouverture. Il n'existe pas de billet à la journée. Les enfants de 0 à 11 ans paient un tarif symbolique et les 12-15 ans 6 euros ; le pass est également éligible au pass Culture. La billetterie officielle est assurée par See Tickets, via le site fete.humanite.fr — comme pour tout grand événement, méfiez-vous des revendeurs non autorisés, d'autant que les vignettes de soutien vendues par les militants restent le canal historique. Pour situer : un pass trois jours à 70 euros, c'est moins qu'une place de catégorie moyenne pour un concert de stade cet été, et à peu près le prix d'une seule journée dans la plupart des festivals de l'été. Le débat sur le prix des billets, relancé par Robert Smith à Rock en Seine et le baromètre qui montre qu'un tiers des Français renoncent aux festivals pour des raisons de budget, donnent à ce modèle une actualité particulière. La Fête de l'Humanité le tient depuis 1930 par une économie à part : des centaines de stands montés et tenus par des militants, des restaurants associatifs, un journal qui y trouve une part de son financement. Ce n'est pas un festival au sens de l'industrie du spectacle, c'est une fête qui programme des concerts, et l'échelle des prix en découle.
Base 217 : comment s'y rendre, à quelle heure, et les points de vigilance
Le site se trouve sur la Base 217, ancienne base aérienne partagée entre Le Plessis-Pâté et Brétigny-sur-Orge, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris. La Fête s'y est installée en 2022, après plus de vingt ans à l'Aire des Vents de La Courneuve, le site de Seine-Saint-Denis ayant été repris pour le village des médias des Jeux de Paris 2024. L'accès le plus simple depuis Paris reste le RER C jusqu'à la gare de Brétigny-sur-Orge, d'où des navettes gratuites rejoignent l'entrée de la base en quelques minutes. Les éditions précédentes proposaient aussi des navettes depuis la Porte d'Italie et depuis le RER D ; les horaires précis de 2026, et notamment les derniers départs de nuit, sont à vérifier sur le site officiel avant de partir. Pour ceux qui viennent en voiture, des parkings payants sont réservables sur la billetterie, avec des entrées possibles uniquement pendant les heures d'ouverture ; un parking PMR gratuit sur réservation et des parkings gratuits pour vélos, motos et scooters sont prévus. Le camping officiel, accessible avec un pass trois jours et une entrée camping, a fait l'objet d'une remise en vente de billets fin août. Deux conseils qui valent pour chaque édition : arriver tôt le samedi, quand la file d'entrée est la plus longue, et prévoir des chaussures adaptées, le site étant vaste et les trajets entre scènes plus longs qu'à La Courneuve. En 2023, la Fête avait dû fermer son dimanche plus tôt en raison d'un épisode orageux ; surveiller la météo du week-end n'est pas superflu.De Pink Floyd à Kneecap : 96 ans d'une fête qui a inventé le grand concert en plein air
La première Fête de l'Humanité a lieu le 7 septembre 1930 au parc Sacco-et-Vanzetti de Bezons, à l'initiative de Marcel Cachin, alors directeur du journal. L'entrée coûte deux francs et mille personnes viennent. Charles Trenet est la vedette de l'édition 1938 à Garches ; après l'interruption de la guerre, la Fête réunit un million de participants au bois de Vincennes en 1945. Ce sont les années 1970 qui en font un rendez-vous musical de premier plan : Pink Floyd en 1970, Joan Baez en 1971, The Who en 1972, Chuck Berry en 1973, à une époque où les grands concerts de plein air n'existaient pratiquement pas en France. La toiture de la grande scène, imaginée en 1972 par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer comme une toile tendue sur des grues de chantier, est restée l'image du festival pendant des décennies. Depuis, la liste des passages ressemble à une histoire de la musique populaire : Stevie Wonder, Cesária Évora, Noir Désir, Jimmy Cliff, Juliette Gréco, Johnny Hallyday, Patti Smith — qui y est revenue en 2025 pour la 90e édition —, et, ces dernières années, le rap français dans toutes ses générations, d'IAM à Josman. La programmation de 2026 est fidèle à cette ligne : un groupe britannique de reggae qui approche les cinquante ans de carrière et un trio irlandais qui rappe en gaélique, un pionnier de la French Touch et un chanteur de salsa colombien, une chanteuse pop de 29 ans et une diva malienne de 58 ans, sur le même pass et souvent sur la même scène. La fréquentation raconte la même histoire. Après un déménagement à 400 000 personnes en 2022, la Fête est remontée à 450 000 en 2024 puis à 610 000 en 2025, soit plus que ses meilleures années à La Courneuve, hormis le pic de 2018. Dans une rentrée où le Stade de France enchaîne PLK et Jay-Z et où Jazz à la Villette termine sa 25e édition dimanche, la Fête de l'Humanité reste le seul événement d'Île-de-France capable de réunir, en trois jours et pour 70 euros, un public que ni les stades ni les festivals de l'été ne rassemblent : familles, militants, adolescents venus pour Josman ou Trinix, retraités venus pour Marc Perrone et les Wampas.Questions fréquentes
Quelles sont les dates et les horaires de la Fête de l'Humanité 2026 ?
Du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 2026, sur la Base 217 au Plessis-Pâté (Essonne). Ouverture des entrées de 12 heures à 0 h 30 le vendredi, de 9 heures à 0 h 30 le samedi et de 9 heures à 17 h 30 le dimanche. La scène électro Joséphine Baker se prolonge jusqu'à 4 h 30 les nuits de vendredi et de samedi.Combien coûte le pass trois jours et existe-t-il un billet à la journée ?
Le pass trois jours est vendu par paliers de 55 à 70 euros ; à une semaine de l'ouverture, c'est le dernier palier, à 70 euros, qui s'applique. Il n'y a pas de billet à la journée. Les 12-15 ans paient 6 euros, les enfants de 0 à 11 ans un tarif symbolique. Le pass est éligible au pass Culture.À quelle heure jouent Kneecap, Soprano et Louane ?
Kneecap joue vendredi 11 septembre de 22 heures à 23 h 20 sur la scène Angela Davis. Louane joue dimanche 13 septembre de 17 heures à 18 heures, et Soprano de 18 h 40 à 20 h 10, sur la même scène. UB40 est programmé samedi de 18 h 30 à 19 h 50, The Avener samedi de 22 heures à 23 h 20, Kery James dimanche de 16 h 20 à 17 h 20 sur la scène Joséphine Baker.Comment se rendre à la Base 217 depuis Paris ?
Par le RER C jusqu'à la gare de Brétigny-sur-Orge, puis navette gratuite jusqu'à l'entrée du site. Des navettes depuis la Porte d'Italie et le RER D ont été mises en place lors des éditions précédentes ; vérifiez le dispositif 2026 et les horaires des derniers départs sur fete.humanite.fr. Parkings payants réservables en ligne pour les voitures.Patti Smith, Eddy de Pretto ou Hoshi jouent-ils cette année ?
Non. Ces noms, que l'on retrouve sur plusieurs sites, correspondent à la programmation de 2025, la 90e édition. Les têtes d'affiche de 2026 sont Kneecap, Josman, UB40, The Avener, Suzane, Étienne de Crécy, Soprano, Louane, Kery James, Oumou Sangaré et Superbus.Pour aller plus loin
- The Cure à Rock en Seine : comment Robert Smith est devenu le porte-voix des fans sur le prix des billets
- Golden Coast 2026 : Aya Nakamura et Macklemore closent à Dijon le plus grand marathon rap de l'été
- Histoire du rap français : d'IAM et NTM à PNL, Ninho et Aya Nakamura
- Histoire du reggae français : de Tonton David à Naâman
- Histoire du punk français : de Métal Urbain à Bérurier Noir (et aux Wampas)
- Histoire de la salsa à Paris : d'Azuquita à Yuri Buenaventura
- PLK au Stade de France ce soir et demain : l'ascension sans bruit
C&M · 04/09/2026
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