Samedi 5 septembre : Bob Sinclar en tête d'affiche, et un plateau qui tire vers le hard
La journée du samedi est la plus longue, de midi à 23 h 30, et la plus chargée : vingt et un noms sur la liste principale, quatorze de plus sur une seconde liste. La tête d'affiche est Bob Sinclar, dont le retour sur l'île n'a rien d'anodin. Christophe Le Friant, 57 ans, figurait déjà à l'affiche de la toute première édition, le 3 juillet 2010, quand le festival s'appelait encore Inox Park et partageait sa scène « clubbing » avec Martin Solveig et Eric Prydz. Seize ans plus tard, le patron du label Yellow Productions revient avec le répertoire qui l'a fait connaître bien au-delà des clubs : « Love Generation » et « World, Hold On », les deux tubes de 2005-2006 qui ont installé la house française sur les radios du monde entier, et, plus loin dans le temps, « Gym Tonic », son sample de Jane Fonda coproduit en 1998 avec Thomas Bangalter de Daft Punk. Son actualité 2026 est un single avec la chanteuse canadienne Kiesza, « I Can't Wait », et un été de festivals passé notamment par le Paléo de Nyon, fin juillet. Autour de lui, le samedi assume une couleur plus dure. Ascendant Vierge, le duo formé par Mathilde Fernandez et Paul Seul, mélange chant lyrique et gabber depuis 2019 et remplit les grandes salles avec une musique que personne n'aurait osé programmer en tête d'affiche il y a dix ans. Billx, figure du hardcore français, Azyr, Gabber Eleganza et le B2B néerlandais B-Front B2B Phuture Noize forment un bloc hardstyle et hardcore qui rappelle qu'Elektric Park a construit son identité, depuis son changement de nom en 2017, sur les musiques rapides plutôt que sur la seule house. Upsilone, Flymeon, Majes, Moonkyz, Part Time Killer, Unicorn on K, Urumi et les B2B Neko B2B Cosy Nightmare et RDØ B2B N-XD complètent la liste principale.
Dimanche 6 septembre : Petit Biscuit, Skream & Benga et Joachim Garraud pour une journée écourtée
Le dimanche ferme à 21 heures, un horaire pensé pour un public qui reprend le travail le lundi, et c'est la journée qui concentre la charge symbolique de l'édition. Petit Biscuit, d'abord. Mehdi Benjelloun, 26 ans, originaire de Rouen, a mis en ligne « Sunset Lover » à quinze ans, en 2015 : le morceau, sorti sans label, a fini par entrer dans le Top 5 français, a dépassé les centaines de millions d'écoutes en streaming et l'a conduit sur la scène des Victoires de la Musique en 2018. Trois albums ont suivi, Presence en 2017, Parachute en 2020 et Discipline en juin 2024, puis deux EP en 2025, Movement I et Movement II, qui marquent, selon lui, une nouvelle période. Son électro mélodique, construite sur des voix pitchées et des guitares, est l'exact contrepoint du samedi hardcore. Skream & Benga sont l'autre événement de la journée. Oliver Jones et Adegbenga Adejumo ont grandi à Croydon, dans la banlieue sud de Londres, et ont inventé au milieu des années 2000, avec « Midnight Request Line » de Skream (2005) et « Night » de Benga avec Coki (2007), la grammaire du dubstep : des basses subsoniques, un tempo à 140 et un espace vide au milieu du morceau. Séparés au début des années 2010 après leur trio Magnetic Man avec Artwork, ils ont repris la route ensemble depuis quelques années et enchaînent cette saison les grands festivals européens, d'Electric Castle en Roumanie à Lowlands aux Pays-Bas, après un passage remarqué en mai aux Nuits Sonores de Lyon, capté par ARTE Concert. Leur set à Chatou est l'une de leurs rares dates franciliennes de l'année. Enfin, Joachim Garraud joue à domicile. Le Nantais de 58 ans, coproducteur des premiers grands tubes de David Guetta au début des années 2000 — « Love Don't Let Me Go », « The World Is Mine » —, a fondé ce festival en 2010 et n'a manqué aucune édition. Il se présente cette année en B2B avec Damien RK, DJ hardcore et habitué de la Red Stage, un duo improbable sur le papier qui résume assez bien l'esprit du lieu. Le reste du dimanche aligne la Britannique Hannah Laing, révélée avec sa « doof house » écossaise en 2023-2024, le duo drum and bass Ivy Lab, AMC & Phantom, Miss K8 B2B Mad Dog pour le hardcore, Dimitri K B2B Lekkerfaces, Krowdexx, Remzcore, Toza B2B The Straikerz, Padre Guilherme, Noise Mafia, L.ZWO et 2HOT2PLAY.
Madame Loyal : la fête foraine électronique, et ce que le billet ne comprend pas
Le changement de 2026 est visible dès l'entrée. Madame Loyal est un collectif qui, depuis quelques années, construit des soirées électroniques dans des décors de fête foraine : manèges, stands, mapping LED, numéros de cirque, installations immersives. Sa rencontre avec Elektric Park donne un site pensé comme un champ de foire plutôt que comme un simple parc à scènes, avec zones de chill, food court et attractions entre les plateaux. Le festival avait déjà inauguré en 2025 une scène à 360 degrés ; la scénographie foraine en est le prolongement. Deux précisions que la communication officielle dit vite et que les festivaliers découvrent parfois sur place. D'abord, les manèges et attractions sont payants en supplément du billet d'entrée : le pass donne accès au site et à la musique, pas aux tours de grand huit. Ensuite, le site fonctionne intégralement en cashless : on recharge un compte, et bars, restauration, merchandising et manèges se paient dessus. L'activation du compte est facturée 1 euro au premier rechargement, et le remboursement du solde non dépensé, qui se demande en ligne après le festival, coûte 1,50 euro. Rechargez par tranches raisonnables.
Billets, horaires, accès : ce qu'il faut savoir avant de partir
La billetterie fonctionne par phases : chaque palier épuisé fait monter le prix du suivant. Au dernier relevé, fin août, le pass dimanche était proposé à 48,50 euros, le pass samedi à 57,50 euros et le pass deux jours à 98 euros, les premières phases ayant été vendues entre 42,50 et 94,50 euros. Les formules VIP Red Stage, avec accès à la scène et au backstage, démarrent à 71,50 euros pour le dimanche ; des billets backstage seuls existent à partir de 55 euros. Une formule festival + croisière associe l'entrée du dimanche à un trajet en bateau jusqu'à l'île, à partir de 82,99 euros. La billetterie officielle est opérée par Shotgun, qui propose une revente encadrée entre festivaliers : c'est le seul canal sûr pour acheter à la dernière minute, les sites de revente non officiels restant à éviter.- Dates et horaires : samedi 5 septembre de 12 h à 23 h 30, dimanche 6 septembre de 12 h à 21 h (horaires de la billetterie officielle).
- Lieu : Île des Impressionnistes, 78400 Chatou (Yvelines).
- Âge : entrée seule dès 16 ans ; moins de 16 ans accompagnés d'un tuteur légal ; gratuit pour les 3-12 ans accompagnés ; interdit aux moins de 3 ans. Pièce d'identité exigée à l'entrée, sans exception.
- Accès : RER A, gare de Chatou-Croissy, puis 10 à 12 minutes à pied par l'avenue du Général-Sarrail ; Rueil-Malmaison en alternative. En voiture, A86 sortie Chatou / Croissy-sur-Seine, sans parking officiel : stationner en centre-ville. Piste cyclable le long de la Seine.
- Interdits : nourriture et boissons, verre et métal, sacs de plus de 20 litres, perches à selfie, animaux. Gourdes et camelbaks vides autorisés, points d'eau gratuits sur le site. Pas de consigne dans l'enceinte ; casiers My Locker réservables en ligne.
- Paiement : cashless obligatoire sur tout le site, y compris les manèges.
De l'Inox Park 2010 à la 16e édition : seize ans d'électro sur l'île de Renoir
L'histoire commence par un voyage. À la fin des années 2000, Joachim Garraud découvre en Australie les festivals électroniques de plein air, en journée, loin des clubs sombres où il a fait ses débuts. En 2009, il contacte la mairie de Chatou pour organiser une fête sur l'Île des Impressionnistes, et reprend le concept d'un événement toulousain, l'Inox Festival. La première édition d'Inox Park, le 3 juillet 2010, attire environ 12 000 personnes avec Bob Sinclar, Martin Solveig, Eric Prydz et Richie Hawtin sur la scène principale, Jeff Mills et Loco Dice sur la scène « underground ». L'année suivante, Tiësto, Avicii, Skrillex et Steve Aoki passent par Chatou. Le festival s'installe à la rentrée, en septembre, et devient le rendez-vous électro de la région parisienne, là où Rock en Seine, à quelques kilomètres, occupe le terrain du rock. En 2017, Inox Park devient Elektric Park et élargit sa programmation à la bass music, au hardstyle et au hardcore, une ouverture qui explique l'affiche d'aujourd'hui. La dixième édition, le 7 septembre 2019, inaugure la croisière électro en bateau depuis Paris et affiche complet. L'édition 2020 est annulée par la pandémie ; celle de 2021 passe au format deux jours et offre l'entrée aux soignants. En 2024, les Jeux olympiques contraignent le festival à avancer sa date au 15 juin ; en 2025, il revient sur une seule journée, le 30 août, avec une scène à 360 degrés. Chaque édition accueille depuis des années près de 30 000 festivaliers, la capacité de l'espace principal de l'île. Le retour au format deux jours, l'alliance avec Madame Loyal et la présence de Bob Sinclar, seize ans après la première affiche, donnent à cette 16e édition des allures de relance.Une rentrée électronique chargée en Île-de-France
Elektric Park ouvre une séquence dense. Le week-end prochain, la Fête de l'Humanité installe sa scène électro Joséphine Baker sur la Base 217, avec Trinix et Kiddy Smile jusqu'à 4 h 30 du matin. Puis, le samedi 19 septembre, la Techno Parade défile de nouveau dans Paris, gratuitement, de midi à 18 heures, après deux éditions annulées, en 2024 à cause des Jeux olympiques et en 2025 pour des raisons financières. Pour ce retour, l'association Technopol a annoncé dix chars et Detroit, ville de naissance de la techno, comme invitée d'honneur ; le parcours définitif, qui reliait Bastille à Nation en 2023, sera communiqué peu avant, une fois l'autorisation préfectorale obtenue. De l'île de Chatou aux boulevards parisiens, la rentrée électro francilienne tient sur trois semaines. Ce week-end, l'offre musicale parisienne ne se limite d'ailleurs pas à l'électro : PLK joue ce samedi soir son second Stade de France, et Jazz à la Villette referme dimanche sa 25e édition avec Kokoroko. Trois publics, trois esthétiques, le même samedi : la région parisienne n'a pas fini son été.Questions fréquentes sur Elektric Park 2026
Quels sont les horaires d'Elektric Park 2026 ?
Le festival ouvre à 12 heures les deux jours. Selon la billetterie officielle, la fermeture est fixée à 23 h 30 le samedi 5 septembre et à 21 heures le dimanche 6 septembre. Les horaires de passage scène par scène ne sont diffusés que sur l'application et les réseaux du festival.Qui joue samedi et qui joue dimanche ?
Samedi : Bob Sinclar, Ascendant Vierge, Billx, Azyr, B-Front B2B Phuture Noize, Upsilone, Gabber Eleganza, Flymeon, Majes, Moonkyz, Part Time Killer, Unicorn on K, Urumi, entre autres. Dimanche : Petit Biscuit, Skream & Benga, Joachim Garraud B2B Damien RK, Hannah Laing, Ivy Lab, Miss K8 B2B Mad Dog, Dimitri K B2B Lekkerfaces, AMC & Phantom, Krowdexx, Remzcore, Padre Guilherme, Noise Mafia.Combien coûte le billet et reste-t-il des places ?
Les prix évoluent par phases. Fin août, le pass dimanche était à 48,50 euros, le pass samedi à 57,50 euros et le pass deux jours à 98 euros ; les formules VIP démarrent à 71,50 euros. La billetterie officielle, sur elektricpark.com via Shotgun, indique la phase en cours et les éventuelles places restantes. Les manèges ne sont pas compris dans le billet.Le festival est-il accessible aux mineurs ?
Oui, sous conditions : il faut avoir 16 ans pour entrer sans accompagnant, les moins de 16 ans doivent venir avec leur tuteur légal, l'entrée est gratuite pour les 3-12 ans accompagnés, et le site est interdit aux moins de 3 ans. Une pièce d'identité est demandée à tout le monde, sans exception.Comment aller à Elektric Park depuis Paris ?
Par le RER A jusqu'à la gare de Chatou-Croissy, puis 10 à 12 minutes à pied, soit une vingtaine de minutes depuis le centre de Paris. En voiture, A86 sortie Chatou / Croissy-sur-Seine, sans parking officiel sur l'île. Le dimanche, une croisière au départ de Paris est vendue avec le billet.Pour aller plus loin
- Histoire de la French Touch : de Jean-Michel Jarre à Justice, cinquante ans d'électro française
- Histoire du disco français : de Cerrone au Palace, quand Paris faisait danser le monde
- Choisir son premier contrôleur DJ en 2026 : le guide d'achat
- The Cure à Rock en Seine : le débat sur le prix des billets de concert
C&M · 05/09/2026
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