Ce que l'on sait du spectacle : quatre choristes, des écrans, des courts-métrages et une voix « revenue comme avant »
La production est restée discrète, mais quelques éléments ont filtré. Installée au Royal Monceau depuis le 28 août, Céline Dion répète sur la scène de l'arena depuis le jeudi 3 septembre, après une semaine consacrée au montage du décor. Selon Le Parisien, les séances durent près de trois heures chaque soir, avec ses quatre choristes, tableau par tableau ; des témoins cités par le quotidien décrivent une voix « revenue comme avant ». Son manager américain, John Nelson, expliquait le 2 septembre qu'elle préparait ce retour depuis deux ans et demi. Côté mise en scène, Volum, citant Le Parisien, parle d'une scénographie « monumentale et architecturale » : pas de décor à l'ancienne, mais des écrans et des structures suspendues qui diffusent des vidéos et plusieurs courts-métrages pour marquer les différents actes du concert. Willo Perron, qui a signé les scènes de Beyoncé, de Drake ou du Super Bowl de Rihanna, a donc construit un spectacle qui se veut à la fois intime et spectaculaire. Le répertoire annoncé par la production mélange les grands succès en français et en anglais, ce qui laisse peu de doute sur la présence de « Pour que tu m'aimes encore », « S'il suffisait d'aimer », « The Power of Love », « All by Myself » ou « My Heart Will Go On », auxquels devraient s'ajouter les deux nouveautés de l'année, « Dansons » et « Bonjour, pardon, merci ». Deux absences sont acquises. Il n'y aura pas de première partie, même si le nom du DJ et producteur Mosimann a circulé un temps. Et Jean-Jacques Goldman, qui n'est pas remonté sur une scène depuis plus de vingt ans, ne viendra pas chanter « Dansons » avec elle : selon Le Parisien, il a décliné pour ne pas lui « voler » la vedette. D'autres invités restent possibles ; rien n'a été confirmé, et la production a pris soin de ne rien promettre.Six ans et demi sans concert : la chronologie d'une absence
Le fil des événements mérite d'être remis dans l'ordre, parce que la séquence a souvent été racontée de travers. Le Courage World Tour démarre à Québec le 18 septembre 2019 et s'arrête net à Newark le 8 mars 2020, quelques jours avant les confinements. Les dates européennes, dont six soirs à Paris La Défense Arena à partir du 26 juin 2020, sont reportées à mars 2021, puis à 2022, puis à 2023. En janvier 2022, la chanteuse annule le reste des dates nord-américaines en invoquant des problèmes de santé non précisés. Le 8 décembre 2022, dans une vidéo en larmes, elle révèle le diagnostic : le syndrome de la personne raide, une maladie auto-immune rare, environ une personne sur un million, qui provoque des raideurs musculaires et des spasmes douloureux, et qui s'attaque en particulier à ce dont une chanteuse a besoin, le contrôle du souffle et des muscles. Le 26 mai 2023, l'ensemble des concerts restants est annulé. En juin 2024, le documentaire Je suis : Céline Dion montre sans détour une crise de spasmes filmée en pleine séance de kinésithérapie. Le 26 juillet 2024, elle chante « L'Hymne à l'amour » sous la pluie depuis la tour Eiffel, à l'ouverture des JO de Paris : une performance de quelques minutes, mais qui relance tout. Le 30 mars 2026, sous la même tour Eiffel, elle annonce dix concerts à Paris ; six dates sont ajoutées le 7 avril, dix de plus le 1er juin, pour mai 2027. Cette chronologie explique pourquoi le mot « résidence » a été choisi plutôt que « tournée ». Rester dans une seule salle, dans une seule ville, avec un hôtel fixe et deux ou trois concerts par semaine, espacés, c'est la seule configuration compatible avec la gestion d'une maladie chronique. C'est aussi ce qu'elle avait fait pendant seize ans à Las Vegas, au Caesars Palace, où elle a donné plus de 1 100 représentations entre 2003 et 2019. Paris, sa « deuxième maison » comme elle l'a répété à ses fans devant le Royal Monceau, reprend ce modèle.La salle qu'elle devait remplir en juin 2020 : de l'U Arena à la Plenitude Arena
Il y a une ironie douce dans le choix du lieu. En septembre 2019, ConcertFrance annonçait que Céline Dion jouerait à Paris La Défense Arena le 26 juin 2020 ; les 200 000 billets grand public des six soirs parisiens s'étaient vendus en quatre-vingt-dix minutes. Ces concerts ont été reportés trois fois, puis annulés en mai 2023. Six ans plus tard, jour pour jour ou presque, elle ouvre sa résidence sur la même scène. La salle, inaugurée en octobre 2017 sous le nom d'U Arena, rebaptisée Paris La Défense Arena l'année suivante, est devenue le 1er juillet 2026 la Plenitude Arena, du nom de la filiale énergie du groupe italien Eni, qui a signé un contrat de naming d'au moins sept ans. Sur les billets, sur les plans de métro et dans la bouche des spectateurs, c'est encore « La Défense Arena », et personne ne s'en formalise.

« Dansons », « Bonjour, pardon, merci » : les nouvelles chansons, et un album en préparation avec Goldman, Cabrel, Stromae
Le retour sur scène s'accompagne d'un retour en studio, et c'est presque aussi rare. « Dansons », sortie le 17 avril 2026, est la première chanson originale en français de Céline Dion depuis dix ans, et sa première collaboration avec Jean-Jacques Goldman depuis « Encore un soir », en 2016. Écrite par Goldman, produite avec Luc Leroy et Yann Macé, le duo Trak Invaders, elle a été enregistrée en septembre 2025 au Palms Studio de Las Vegas, alors qu'aucune date de concert n'était encore fixée. Le texte parle de résilience sans jamais nommer la maladie, et c'est ce qui a touché : numéro un au Québec dès sa sortie, troisième en Wallonie, elle a atteint la 25e place du classement des singles en France et la 7e des diffusions radio. « Bonjour, pardon, merci », parue le 3 juillet, change d'auteurs : Ycare et Renaud Rebillaud, avec un piano d'ouverture qui monte vers l'orchestre et un chœur final, dans le registre grave de sa voix. Les deux titres sont sortis le 4 septembre sur un maxi 45 tours, et La Libre a révélé fin août que Stromae a écrit et produit un titre pour l'album à venir. D'après Le Parisien, six chansons sont déjà enregistrées, avec des textes signés Francis Cabrel, Grand Corps Malade et Mosimann en plus de Goldman, Ycare et Stromae ; l'album n'est pas attendu avant 2027. Un tel casting d'auteurs, de Cabrel à Stromae, c'est un siècle de chanson française résumé sur une pochette, et Grand Corps Malade, qui a fait du slam un genre populaire, n'avait jamais écrit pour elle. Ceux qui s'étonnent d'une telle attente entre deux disques peuvent se rappeler que les longues pauses discographiques ne sont pas une anomalie : son dernier album en français, Encore un soir, date de 2016, et son dernier album en anglais, Courage, de 2019. Et pour ceux qui aiment les archives, l'album posthume de Prince sorti le 28 août contient une chanson qu'il avait écrite pour elle, « With This Tear », jamais enregistrée par la principale intéressée.De l'Olympia au Stade de France : ce que Paris a déjà vu de Céline Dion
La relation entre la chanteuse et la ville est ancienne, et elle passe d'abord par la Suisse : c'est en gagnant l'Eurovision 1988 à Dublin, pour la Suisse, avec « Ne partez pas sans moi », qu'elle s'ouvre le marché francophone européen. Le concours a bien changé depuis, mais la mécanique est restée la même, une soirée télévisée qui fabrique une carrière. Six ans plus tard, en 1994, elle enregistre À l'Olympia dans la salle du boulevard des Capucines qui a consacré Piaf, Brel et Brassens, puis D'eux, l'album écrit par Goldman en 1995, devient le disque francophone le plus vendu de l'histoire. En juin 1999, elle remplit deux soirs le Stade de France, tout juste inauguré. Les Parisiens l'ont ensuite retrouvée à Bercy en 2008, en novembre et décembre 2013 pour la tournée Sans attendre, puis à l'AccorHotels Arena en juin 2016 et en juillet 2017, quatre soirs, les 4, 5, 8 et 9 juillet : c'est son dernier passage parisien à ce jour, avec un concert d'environ une heure quarante, contre plus de deux heures quinze annoncées demain. Depuis, la relation s'est entretenue à distance, jusqu'à la tour Eiffel de juillet 2024. Il est frappant de constater que la jeune scène québécoise, de Charlotte Cardin, qui remplissait Bercy en avril, aux rappeurs de Montréal, la cite encore comme la porte d'entrée vers le public français.Infos pratiques : horaires, entrées, transports, objets interdits
Les horaires communiqués par la salle valent pour l'ensemble des seize dates de l'automne, et Sortiraparis les a compilés avec les consignes d'accès :- 18 h : ouverture des portes. La salle recommande d'arriver dès l'ouverture, les filtrages de sécurité pour 40 000 personnes prennent du temps.
- 20 h : début du concert, sans première partie. Comptez une fin vers 22 h 15 – 22 h 30.
- Entrées : parterre par l'entrée 33 ; niveau 1 par les entrées 5, 34 et 60 ; niveau 4 par les entrées 8 et 56 ; loges et salons par les 21, 39 et 55 ; personnes à mobilité réduite par la 38. La couleur indiquée sur le billet (jaune, rouge, violet) est un repère, pas un passage obligé. Vérifiez votre billet, ces accès peuvent changer d'un soir à l'autre.
- Transports : métro ligne 1, RER A, tramway T2 et Transilien L et U jusqu'à La Défense ; RER E jusqu'à Nanterre-la-Folie ou La Défense Grande Arche ; RER A à Nanterre-Préfecture pour Saint-Germain-en-Laye, Cergy et Poissy. La salle déconseille la voiture.
- Objets interdits : gourdes en métal ou en verre, sacs de plus de 10 litres, casques, alcool, parapluies non rétractables, appareils photo à objectif interchangeable, aérosols, affiches de plus de A3, fleurs et cadeaux pour l'artiste. Autorisés : un petit sac de moins de 10 litres, une bouteille d'eau en plastique de 50 cl, un appareil compact, une tablette jusqu'à 15 pouces.
- Merchandising : points de vente sur le parvis avant l'entrée, puis dans les coursives des niveaux 1 et 4 et dans la fosse.
Karaoké géant place de Stalingrad, Grand Rex, France 2, CStar : Paris a commencé la fête sans elle
La ville n'a pas attendu samedi. Ce vendredi 11 septembre, la Ville de Paris, AEG Presents France et KaraFun transforment la place de la Bataille-de-Stalingrad, dans le 19e arrondissement, en karaoké XXL : deux sessions gratuites, à 16 h et à 19 h, pour 10 000 personnes, avec DJ set et reprise en chœur du répertoire, réservations ouvertes depuis lundi sur le site de la Ville. La chanteuse n'y sera pas. Les 9 et 10 septembre, le Grand Rex avait déjà accueilli deux soirées « L'Écran Pop Star » consacrées à ses chansons, avec karaoké géant et live show ; France 24 y a compté 2 600 fans en une soirée. La télévision suit le mouvement : France 2 lui a consacré sa soirée du mardi 8 septembre, CStar enchaîne clips et documentaires ce vendredi, et la prochaine saison de la Star Academy, sur TF1, aurait pour hymne l'une de ses chansons, sans qu'elle en soit la marraine, selon Volum. Même la pâtisserie s'y est mise, avec un coffret signé avec Pierre Hermé. Tout cela dit quelque chose de la place singulière de Céline Dion en France : une artiste étrangère que le pays traite comme la sienne, et dont le retour, comme celui de Lauryn Hill à Bercy la semaine dernière, se vit comme des retrouvailles plus que comme un concert.Et pendant ce temps, hier soir au Stade de France : Jay-Z, Pharrell, Justin Timberlake, et Beyoncé restée en tribune
Le rendez-vous parisien de la veille a tenu ses promesses, à une exception près. Comme nous l'annoncions hier, Jay-Z a fêté au Stade de France les trente ans de Reasonable Doubt, seule date française de sa tournée JAŸ-Z 30. Ouverture sur « On to the Next One », deux heures de concert, dix musiciens, dix-huit cordes, et deux invités : Pharrell Williams, pour « Excuse Me Miss », « Frontin' » et « Allure », avant quelques notes de « La Marseillaise », puis, vers 22 h 44 selon Le Figaro, Justin Timberlake pour « Holy Grail ». Le rappeur a annoncé 75 000 spectateurs au micro ; Le Figaro et Le Parisien ont tous deux noté des places vides en tribune et un public assis une bonne partie de la soirée. La grande absente de la scène était pourtant dans le stade : Beyoncé a assisté au concert depuis les gradins, et elle est apparue sur l'écran géant au milieu des images de famille diffusées pendant « Song Cry », sans jamais monter rejoindre son mari. Plusieurs fans ont dit leur déception au Parisien. Rihanna n'est pas venue non plus pour « Run This Town ». Après Lauryn Hill et Wyclef Jean à Londres, Paris a donc eu ses invités, mais pas ceux qu'une partie du public espérait. À Nanterre, demain, le problème ne se posera pas : personne n'attend quelqu'un d'autre que Céline Dion.FAQ : les concerts de Céline Dion à Paris en 2026 et 2027
Quelles sont les dates de la résidence de Céline Dion à la Plenitude Arena ?
Seize concerts en 2026 : les 12, 16, 18, 19, 23, 25, 26 et 30 septembre, puis les 2, 3, 7, 9, 10, 14, 16 et 17 octobre. Dix concerts en 2027 : les 8, 12, 14, 15, 19, 21, 22, 26, 28 et 29 mai. Soit 26 dates au total, toutes dans la même salle, à Nanterre.À quelle heure commence le concert et y a-t-il une première partie ?
Les portes ouvrent à 18 h et Céline Dion monte sur scène à 20 h. Il n'y a aucune première partie. Le spectacle est annoncé à plus de deux heures quinze sans entracte. Ces horaires valent pour toutes les dates de septembre et d'octobre 2026.Pourquoi la salle s'appelle-t-elle Plenitude Arena et non Paris La Défense Arena ?
La salle a changé de nom le 1er juillet 2026 avec l'arrivée de Plenitude, filiale du groupe énergétique italien Eni, comme partenaire de naming pour au moins sept ans. C'est bien le même bâtiment, au 99 Jardin de l'Arche à Nanterre, inauguré en 2017 sous le nom d'U Arena et connu de 2018 à 2026 sous celui de Paris La Défense Arena.Reste-t-il des billets pour Céline Dion à Paris ?
Non, officiellement toutes les dates sont complètes. Quelques places peuvent être remises en vente ponctuellement par les billetteries officielles ; en dehors de celles-ci, méfiez-vous des sites de revente et des offres sur les réseaux sociaux. Le tarif de départ était de 89,50 euros hors frais.Quand Céline Dion a-t-elle donné son dernier concert avant Paris ?
Le 8 mars 2020, au Prudential Center de Newark, dans le New Jersey, dernier concert du Courage World Tour avant l'interruption liée à la pandémie, puis aux problèmes de santé qui ont conduit au diagnostic du syndrome de la personne raide, annoncé le 8 décembre 2022. Sa seule apparition chantée depuis est « L'Hymne à l'amour » depuis la tour Eiffel, le 26 juillet 2024, à l'ouverture des Jeux olympiques de Paris.
C&M · 11/09/2026
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