13/08/2026 · N° 142 · Paris
Coeur&Musiques
Issue · 13/08/2026 guide Paris
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Choisir son premier santour en 2026 : 72 cordes, mezrabs, budget et où apprendre en France

Cithare sur table frappée avec deux fins marteaux de bois, le santour est la voix cristalline de la musique classique persane. Cordes, chevalets, différences avec le santoor indien, budget à prévoir et pistes pour apprendre en France : le guide complet pour débuter.

Choisir son premier santour en 2026 : 72 cordes, mezrabs, budget et où apprendre en France
Il suffit d'entendre quelques secondes de santour pour comprendre pourquoi cet instrument fascine : une pluie de notes cristallines, entre harpe et piano, produite par deux fins marteaux de bois qui volent au-dessus des cordes. Pilier de la musique classique persane, cette cithare trapézoïdale posée à plat séduit de plus en plus de musiciens français en quête de sonorités venues d'ailleurs. Après l'oud, le sitar ou la viole de gambe, notre série de guides d'achat s'attaque à un instrument aussi envoûtant qu'exigeant. Bonne nouvelle : débuter le santour est plus accessible qu'on ne l'imagine, à condition de savoir ce que l'on achète et d'accepter une contrainte que tout santouriste connaît par cœur — l'accordage. On vous explique tout.

Le santour, comment ça marche ?

Le santour persan (aussi orthographié santur ou santoor) est une cithare sur table de forme trapézoïdale, dont les cordes sont frappées à l'aide de deux légers marteaux de bois appelés mezrabs. Sur l'instrument classique iranien, deux rangées de neuf chevalets mobiles — les kharak — répartissent les cordes : chaque chevalet porte un chœur de quatre cordes accordées à l'unisson, soit 72 cordes au total. Les chevalets de droite portent traditionnellement les cordes aiguës en acier, ceux de gauche les cordes graves en laiton, pour une tessiture d'environ trois octaves. Le jeu repose sur la précision des poignets : les mezrabs, tenus entre l'index et le majeur, rebondissent sur les cordes pour produire aussi bien des mélodies perlées que des trémolos vertigineux. La technique moderne doit beaucoup au maître iranien Faramarz Payvar (1933-2009), largement crédité pour avoir codifié le jeu et la notation du santour et fait de l'instrument une voix soliste majeure de la musique persane, aux côtés de figures comme Parviz Meshkatian ou, aujourd'hui, Ardavan Kamkar. Pour visualiser la technique, voici le « Charmezrab Razavi » de Payvar interprété par une jeune santouriste — regardez la vitesse des poignets :

Persan, indien, turc : quel santour choisir ?

Sous des noms voisins se cachent des instruments assez différents. Le santour persan, décrit ci-dessus, est celui que l'on trouve le plus facilement en France via les boutiques d'instruments du monde. Le santoor indien, popularisé mondialement par le maître cachemiri Shivkumar Sharma, est plus grand, compte davantage de cordes — une centaine sur de nombreux modèles — et se joue posé sur les genoux, avec un jeu plus legato adapté à la musique hindoustanie. Il existe aussi des santurs turcs et grecs, cousins de la même famille que le cymbalum hongrois ou le hammered dulcimer anglo-saxon. Pour un débutant francophone, le santour persan est le choix le plus pragmatique : offre plus abondante, répertoire pédagogique structuré (les méthodes issues de l'école de Payvar), et professeurs plus faciles à trouver. C'est celui que nous retenons pour la suite de ce guide.

Quel budget prévoir en 2026 ?

Sur le marché de l'occasion, les petites annonces françaises affichent des santours à partir de 160 euros environ. Attention toutefois : un instrument d'occasion mal stocké peut cacher une table fendue ou des chevilles fatiguées, coûteuses à remettre en état. En neuf, les boutiques spécialisées dans les instruments importés d'Iran proposent des santours d'étude généralement situés entre 300 et 900 euros selon la facture, le bois (le noyer est la référence) et la finition — des fourchettes constatées chez les revendeurs spécialisés. Les instruments de concert signés par des luthiers réputés dépassent, eux, largement le millier d'euros. Bon à savoir : la plupart des santours neufs sont vendus en pack avec un étui rigide, une clé d'accordage métallique, une paire de mezrabs et des cordes de rechange — vérifiez ce contenu avant d'acheter. À l'inspection, assurez-vous que la table d'harmonie est exempte de fissures, que les chevalets coulissent sans forcer et que les chevilles tiennent l'accord. Méfiez-vous enfin des instruments décoratifs vendus comme jouables : un santour de souvenir, aussi joli soit-il, ne s'accorde pas correctement. Un dernier point, décisif : avec 72 cordes, l'accordage est le vrai coût caché du santour — en temps plus qu'en argent. Comptez de longues séances au début, l'oreille et la clé à la main. C'est le péage d'entrée de tous les instruments à cordes multiples, et il s'allège considérablement avec l'habitude et un accordeur électronique.

Où apprendre le santour en France ?

L'offre d'enseignement est plus confidentielle que pour le piano ou la guitare, mais elle existe. Des professeurs particuliers, souvent issus de la diaspora iranienne, proposent des cours en personne dans les grandes villes ou à distance, via les plateformes de cours habituelles. Les associations culturelles iraniennes et les boutiques spécialisées — notamment en région parisienne — constituent d'excellents points d'entrée pour trouver un enseignant, un instrument ou un stage. Enfin, de nombreuses ressources en ligne (méthodes filmées, tutoriels, partitions de l'école Payvar) permettent de progresser entre deux cours. Et pour nourrir l'oreille, l'écoute des maîtres reste le meilleur des professeurs. De Faramarz Payvar à Parviz Meshkatian, la discographie est immense ; côté contemporain, Ardavan Kamkar a ouvert l'instrument à des horizons nouveaux, comme sur son album « Darya » (« La mer ») :

Premiers pas : posture, exercices et entretien

Le santour se joue assis, l'instrument posé à plat sur une table ou sur un support dédié, légèrement incliné vers le musicien. Les premiers cours sont presque entièrement consacrés à la tenue des mezrabs : la baguette repose sur l'index, bloquée par le pouce, et c'est la souplesse du poignet — jamais la force du bras — qui produit le rebond. Un exercice classique consiste à alterner main droite et main gauche sur un même chœur, lentement puis de plus en plus vite, jusqu'à obtenir un roulement régulier. Dix minutes de ce travail quotidien font davantage progresser qu'une longue séance hebdomadaire. Côté entretien, le santour est un instrument sensible : le bois travaille avec l'humidité et la chaleur, ce qui dérègle l'accord et peut, à terme, fatiguer la table. Rangez-le dans son étui rigide loin des radiateurs et des fenêtres, évitez la voiture en plein été, et essuyez les cordes après le jeu pour ralentir l'oxydation du laiton. Une corde qui casse se remplace facilement soi-même — d'où l'intérêt des cordes de rechange fournies dans la plupart des packs —, tandis qu'une fissure de table ou un chevalet voilé relèvent du luthier. Bien traité, un santour d'étude honnête accompagne sans problème de nombreuses années de pratique. Envie d'explorer d'autres instruments du monde avant de vous décider ? Nos guides consacrés à l'oud et au sitar complètent utilement cette lecture.

FAQ — Débuter le santour

Le santour est-il difficile pour un débutant ?

Les premières mélodies simples arrivent assez vite, car frapper une corde est un geste naturel. La difficulté monte ensuite avec la précision des mezrabs, les trémolos et la connaissance du répertoire persan. Comme souvent : facile à commencer, long à maîtriser.

Combien de temps faut-il pour accorder un santour ?

Avec 72 cordes, une première mise à l'accord complète peut prendre plus d'une heure pour un débutant. Avec l'habitude et un accordeur électronique, l'entretien courant se limite à quelques minutes avant de jouer, tant que l'instrument est stocké à l'abri des variations d'humidité.

Peut-on apprendre le santour sans solfège ?

Oui, la transmission orale et l'imitation restent centrales dans la tradition persane. La notation codifiée par l'école de Faramarz Payvar est toutefois un précieux accélérateur, et de nombreuses méthodes modernes combinent partitions et vidéos.

Quelle est la différence entre santour persan et santoor indien ?

Le santour persan compte 72 cordes réparties sur deux fois neuf chevalets et sert le répertoire classique iranien ; le santoor indien, popularisé par Shivkumar Sharma, est plus grand, monte souvent à une centaine de cordes et se joue posé sur les genoux dans le style hindoustani, plus legato.

Où acheter un santour en France ?

Auprès des boutiques spécialisées dans les instruments du monde et l'import depuis l'Iran, en ligne ou en région parisienne, ou sur le marché de l'occasion via les petites annonces — idéalement après essai, ou avec l'avis d'un professeur.
C&M · 13/08/2026 — fin de l'article — #CHOISI